Publicité

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Jeudi 27 mars 2008

La joie des instants magiques précédent les vrais matches de foot. Des moments de grâçe difficile à oublier, pour peu qu'on s'en souvienne.

Pour peu que je m'en souvienne, le temps ce dimanche-là était aussi instable que ma volonté friable quand à l'idée de jouer au foot, le vrai, le grand, sur terrain boueux, avec des artistes, des vrais, des bourrins. Il y a ainsi des règles comme ça, qui me dépasse parfois: quand le corps veut, l'esprit n'est toujours pas spontanément emballé par un match pluvieux match dans des contrées aussi pittoresques que Darvoy, Estouches ou Pithiviers le vieil (cherchez l'intrus) Grâçe à mes nombreuses expériences en la question, je finissais de la raisonner, cette conscience: je quittais enfin ma couche douillette, et les matches italiens.
ballon-pourri.JPG

Parce qu'elle est la troisième, une troisième équipe ne joue jamais à domicile en même temps que les autres. Sur le chemin, tout en me démenant pour arriver à l'heure au stade, une lumière divine vînt en effet m'éclairer sur notre horaire: non, désolé pour l'heure de retour-pas-trop-tard-dans-la-soirée, mais 13h15, c'est définitivement signe de rencontre à l'extérieur. Le temps aidant avec toute sa bonne volonté et tous les sens du terme, nous aurons en gros l'occasion de nous prendre une bonne saucée sur la gueule en nous rendant chez nos adversaires.

J'arrive à notre stade, lieu habituel de rendez vous. De prime abord, il à l'air vide, fantômatique, occupé par deux enfants s'enchaînant des tirs sur un but trop grand pour eux et Valbuena. Je chasse cette ponctuelle pensée marseillaise, la lucidité me revient: le rendez-vous se fait sur l'autre terrain, de l'autre côté du local, l'équipe un ne jouant pas, suis-je bête. Ils sont tous là, le long de la main courante, devant un match engagé souvent, technique rarement. Les cris des joueurs et le son des impacts de balle tranchent un silence apaisant, comme si tous ici se recueillaient. Je pense rapidement que ce que tous enterrent ici, c'est le football tel que nous le connaissions tous: une idée du jeu, du fair-play et de la sportivité que je ne recherche plus à ce niveau, ni même beaucoup plus haut.

"Salut les gars, ça va..." La litanie commence. Lorsque l'on a pas grand chose à se raconter, les conversations meurent avec moi rapidement après le va de ça va. Je peux pousser à la rigueur jusqu'à un oui, et toi, mais rarement. J'ai un mauvais souvenir du dernier club de foot où j'ai eu l'occasion de jouer, les cons et les racistes y régnaient comme les lèches-bottes autour de notre Président. Devant le regard insistant de deux coéquipiers, prêts apparemment à discuter et rompre le silence de la place par autre chose que des "mais lance moi..." "laisse là, tu tricotes" lâche ta balle!", je décide dans le doute de prolonger notre échange inaugural sur un sujet politiquement neutre. "Il y a combien?", ceci tout en observant la rencontre d'un oeil endormi. La "2" perd 1-0 sur un mauvais dégagement, faussement touché et vraiment mal réveillé. Il est 13h30. L'attente risque d'être longue, je tente de compter les membres de la "3". 1,2,5,8 avec moi. Encore quatre joueurs et je serai sur le banc, pour avoir manqué l'entraînement cette semaine. Normal, il pleuvait. De toute façon, dans la vie il faut avoir le sens des priorités.
foufoute.JPG

"Ils font combien?" Un joueur de la "2", en civil fini par me ressortir de ma torpeur. A le voir ainsi visiblement banni de son groupe, et un sac sur le dos je devine que celui que je juge comme un jeune frimeur jouera avec nous. "1-0, ils perdent sur une toile" Il évite la discussion, saluant ses potes sur le banc. Tant mieux. Je suis de mauvaise humeur, craint la pluie et la trentaine, et je ne joue pas au foot pour me faire des amis. En contemplant le look tektonik du coéquipier sûrement mélonisé auquel je viens de parler, le genre de râleur à te pourrir un match pour une passe mal ajustée envers son altesse, je songe surtout à une chose vitale pour ma carrière. Aujourd'hui, je n'aurai pas encore l'occasion de me faire scouter par L'us Orléans. Avec de tels accolytes à mes côtés; les dieux du foot savent si j'aurai même l'occasion de vérifier si le ballon du match était bien gonflé ou non.

Au fond, ce qu'un probable futur vieux con comme moi vient chercher dans ces matches là, c'est un sentiment beaucoup plus diffus que la joie de marquer des buts et de jouer à la balle. C'est de la solidarité. Ca n'a l'air de rien, ce mot, ou plutôt il est dur de mettre une véritable sensation dessus.

Ce matin-là, Jean-Michel Aulas prônait dans Telefoot un football français totalement antisolidaire, gageant qu'ainsi nous pourrions voir un club français remporter la ligue des champions. L'exposé assombrit rapidement mon humeur. Ca, et le fait d'avoir loupé le grand prix. Ce n'est pas encore aujourd'hui que j'apprécierai les avant-matchs.

 

Par R... - Publié dans : Engagez-vous qu'ils disaient:foot et joie de vivre
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus